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notre supplément économique

Pour des raisons pratiques, sans doute retiendra- t-on que le fameux Grenelle de l’environnement de l’automne 2007 aura marqué le départ d’une nouvelle ère dans la relation compliquée entre l’économie et l’écologie.
Le mouvement de «pacification» entre l’une et l’autre était déjà en marche. Peu importe que la nécessité plus que la vertu ait lentement imposé la prise en compte de la protection de la planète. Le résultat est là: vécu d’abord comme des contraintes lourdes qui menaçaient la compétitivité, l’emploi et le développement, le facteur écologique aura été, sous la pression de minorités grandissantes, un formidable aiguillon et un précieux levier pour dynamiser l’innovation et faire émerger de nouvelles entreprises.
On en jugera dans les pages qui suivent. Cette troisième édition de notre supplément annuel consacré au monde des entrepreneurs est résolument tournée vers toutes les activités induites directement ou indirectement par le souci environnemental.
Agriculture et bâtiment vent en poupe
De l’industrie à grande échelle à l’insertion des personnes les plus démunies, le créneau écologique est pris à bras le corps dans tous les secteurs.
Ainsi la Saft ou Leroy-Somer, deuxpiliers historiques de l’industrie, dans son acception la plus classique, sontils engagés à fond dans des domaines clés qui offrent un formidable contrepoint à l’énergie fossile, la Saft dans la production en série de batteries lithium-ion pour les voitures hybrides, Leroy-Somer en étant en pointe dans la fabrication des plus puissantes génératrices au monde pour l’équipement des éoliennes. Ainsi, à l’autre bout de la chaîne des activités salariées, des entreprises d’insertion sociale comme Esope à Champagne-Mouton, Envie 16 à Angoulême ou Emmaüs dans tout le département appuient leur développement sur la mine abondante du recyclage des rebuts de la société de consommation.
Entre ces deux extrêmes, de nouveaux métiers émergent, par exemple dans le traitement des déchets ou la renaissance de l’utilisation du bois de chauffage en concurrence au gaz ou au fioul.
Des filières ont devant elles de réjouissantes perspectives en terme de carnets de commandes.
C’est le cas de l’agriculture, et plus encore du bâtiment. Du chanvre et de ses multiples usages à l’utilisation grandissante du colza dans les carburants, l’agriculture élargit sa palette et quitte ses habits de «chasseur de primes européennes».
Des marchés solvables
Côté bâtiment, c’est la nécessaire chasse au gaspi qui promet de dynamiser le marché: panneaux solaires, panneaux photovoltaïques, récupérateurs d’eaux pluviales, reprise des isolations thermiques: la liste n’est pas exhaustive. Elle se chiffrera en millions d’euros à la seule échelle de la Charente dans les dix ans à venir. On pourra toujours objecter que le levier écologique ne génère pas des emplois au niveau des besoins attendus dans le département. Avoir. Il en est sans doute à ses balbutiements et les niches qu’il favorise sont sur des marchés solvables.
Le créneau a besoin de soutien, soutien en financement pour aider à la recherche et partager les risques parce qu’il est novateur, soutien aussi des institutions pour fédérer les énergies et créer de la cohérence. Or, dans ces mêmes colonnes l’an passé, nous déplorions les chicaneries des élus consulaires entre eux et aussi des élus des territoires. Sur ce terrain rien n’a changé. L’environnement n’est toujours pas favorable...
Ivan DRAPEAU