Industrie

Valobois croise les bois pour l’avenir

A Dirac, Valobois, née suite à la grande tempête de 1999, croit fermement dans le développement de l’énergie bois dans les dix ans à venir. La PME agit et se dimensionne en conséquence
«Cette année, on va commercialiser entre 2.000 et 3.000 tonnes de bois déchiqueté», estime Alain Brossault • photo Majid Bouzzit

Les besoins en bois énergie vont être tels dans les huit à dix ans qui viennent que la totalité de notre plateforme sera dédiée à cette activité.»Alain Brossault n’est pas un visionnaire. Mais un Breton pragmatique, bien au fait des tendances et des besoins du marché. Installé en Charente depuis longtemps, ce Rennais d’origine pilote la plateforme Valobois, une entreprise spécialisée dans la production de bois déchiqueté à destination de chaufferies bois. Accessoirement – mais l’activité pèse dans le chiffre d’affaires –, Valobois propose aussi du compost à un second segment de clientèle. C’est la grande tempête de 1999 qui a poussé Alain Brossault à se «convertir », en voyant ces tonnes de bois mort et de souches qui partaient à l’incinérateur, au lieu d’être recyclés et valorisés. Le dossier a été long à monter: Valobois a vu le jouren 2004. La PME, installée sur la zone d’emplois des Fayes, pousse aujourd’hui tranquillement sa croissance, en attendant – ou plutôt en préparant – le «boom» dont parle Alain Brossault. Sur quatre hectares, ce n’est que montagnes de palettes, de bois déchiqueté, de compost...

Une fois la collecte faite, auprès des entreprises et des collectivités locales, tout est trié: d’un côté quelque 3.500 tonnes de bois propre (palettes et cagettes pour l’essentiel), de l’autre 4.000 tonnes de bois traité. Et tout passe ensuite dans les puissants broyeurs. «Cette année, on va commercialiser entre 2.000 et 3.000 tonnes de bois déchiqueté», estime Alain Brossault, dont la palette de clients s’élargit, après avoir «signé» l’IME de Montmoreau, le centre départemental du Chambon ou encore la ville de Rochefort, qui double sa chaufferie cette année: «On est en contrat avec Dalkia-Veolia, pour l’hôpital de Barbezieux, et avec Elio- Suez pour une nouvelle chaufferie qui vient d’être installée à La Combe, à Saint-Yrieix. On va commencer à livrer ces deux chaufferies dans les jours qui viennent. Nous savons aussi que, dans le cadre de l’Opération de renouvellement urbain de laComaga, des chaufferies vont être installées à Ma Campagne et à Basseau, à Angoulême. Au total, sur ces deux sites, c’estun volume de 4.000à 5.000tonnes à l’année. Nous serons évidemment présents à l’appel d’offres.»

L’exemple de La Rochelle et Jonzac

Alain Brossault n’a d’ailleurs pas attendu pour faire valoir ses atouts auprès des élus du secteur, et notamment leur faire saisir l’intérêt d’avoir une plateforme spécialisée de quatre hectares à cinq kilomètres d’Angoulême. «En Charente, nous ne sommes pas encore au niveau d’agglomérations comme La Rochelle ou Jonzac, qui ont développé une véritable politique de chaufferies énergie bois depuis une bonne dizaine d’années, analyse Alain Brossault. Mais ça va venir. La Rochelle, c’est 8.000 tonnes de bois déchiqueté consommé par an, Jonzac, c’est 10.000 tonnes... Mais de toute évidence, vu les prix du baril de pétrole, ça ne peut évoluer que dans le bon sens.»

Pour assurer son développement, Alain Brossault est en train d’assurer un «lifting» à l’arrêté préfectoral qui cadre son activité: «Nous allons devenir centre de trietde transfert pour Déchets industriels banals. Ce sera un plus pour nous. Car au coeur de ces déchets inertes que nous n’avons pas le droit aujourd’hui de collecter se trouvent des tonnes de bois à récupérer et à valoriser. Avec le nouvel arrêté, nous pourrons développer ce secteur. Et avec nos quatre hectares, on peut voir venir.» De quoi conforter l’avenir des dix salariés de l’entreprise et les 900.000 €

Patrick SERVANT



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