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Emmaüs se branche sur la collecte des équipements électriques

Les Compagnons récupèrent désormais vieilles télés et vieux frigos pour une filière de recyclage. Un «plus» pour l’environnement et pour l’emploi
Les Ruffécois viennent de plus en plus nombreux déposer leurs équipements usagés à Emmaüs (photos Majid Bouzzit)

Dans le fond de la cour aménagée pour l’occasion, vieux téléviseurs et réfrigérateurs usagés s’entassent sur des palettes, avenue Gambetta, à Ruffec. Heureusement, les Amis d’Emmaüs, implantés dans une propriété proche de la gare, ne manquent pas d’espace pour stocker ces volumineux déchets. Régulièrement, la société Veolia vient de Château bernard pour récupérer le tout et le transférer vers des entreprises de recyclage. Ces produits encombrants et bourrés de matières polluantes finissaient en général dans les déchetteries, voire dans les bois, quand ils ne croupissaient pas dans les greniers. «Ce service répond donc à un vrai besoin des gens qui ne savaient pas quoi faire de leurs appareils usagés. De plus, il contribue à protéger l’environnement et va déboucher sur des créations d’emploi», résume Edith Chabaud, la présidente des Amis. Comme tous les sites Emmaüs de France, celui de Ruffec fait désormais partie des structures habilitées à recueillir les déchets d’équipements électriques et électroniques, «D3E» dans le jargon administratif. Chaque tonne rapporte une centaine d’euros grâce à l’écotaxe que l’Etat perçoit désormais sur les équipements électriques neufs. «A Ruffec, nous collectons déjà deux tonnes par mois, et nous allons monter en puissance. La recette permettra de conforter nos sept emplois, puis d’en créer d’autres», assure Julien Gendreau, l’animateur du site ruffécois. A La Couronne, les Compagnons, plus nombreux, dépassent la dizaine de tonnes mensuelle et ont déjà embauché une personne. Depuis la mise en place du dispositif en juillet, le mouvement Emmaüs a envoyé au recyclage plus de 8.000 tonnes d’appareils dotés d’une prise électrique. Evidemment, il conserve dans ses magasins tout ce qui est revendable.

Bientôt des conteneurs à textiles

Jusqu’au lancement de l’opération «D3E», l’association ne récupérait que les équipements en état de fonctionner. Depuis juillet, elle prend tout. L’activité progresse de jour en jour, à Ruffec. Les voitures défilent pour déposer les congélateurs en panne ou les machines à laver dans la cour de l’avenue Gambetta. Un professionnel de Mansle, ravi de l’aubaine, en profite pour se débarrasser d’une quarantaine de postes de télé qui encombraient ses réserves.

En fait, les appareils sont répartis sur trois espaces correspondant à autant de filières de recyclage: le gros électroménager hors froid (machines à laver, ordinateur, téléviseurs), le gros électroménager «froid» (congélateurs et réfrigérateurs), et le PAM (petit appareil ménager), où l’on classe les téléphones, les fers à repasser et autres micro-ondes. «Maintenant que le site est prêt et que nous sommes organisés, nous allons faire connaître cette activité, contacter les grandes surfaces et tous les professionnels de l’électroménager, les mairies», prévient Julien Gendreau. En décembre, le jeune homme recevra notamment l’aide d’étudiants du lycée ruffécois Roc-Fleuri pour réaliser une importante opération de sensibilisation du grand public.

Dans la foulée, le mouvement Emmaüs met sur pied un système de recyclage similaire pour les textiles. Actuellement, les Compagnons ne récupèrent que les vêtements en état. Avant la fin de l’année, ils vont installer des conteneurs spécifiques dans le département afin de récupérer les textiles usagés. La ville de Ruffec accueillera le premier. «Nous savons que 500.000 tonnes de vêtements sont jetés chaque année », assure Edith Chabaud. Emmaüs a fait ses comptes: 4.000 emplois pourraient naître de cette future opération de recyclage. La protection de l’environnement est aussi un outil économique.

Thierry CORDEBOEUF



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