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«Economiser l’énergie», «réduire les déchets», «réduire la consommation d’eau»... Ce n’est pas une ménagère de plus ou moins de 50 ans très branchée Grenelle de l’environnement et surveillante pingre du budget familial qui s’exprime. Ces mots sortent de la bouche de Michel Giraud, capitaine industriel et PDG de la Société Charentaise de Décor, SCD, à Gensac- La-Pallue. Développer «un process industriel respectueux de l’environnement», ce fut l’une de ses premières décisions lorsqu’il est arrivé, en 2005, à la tête de cette entreprise spécialisée dans le satinage des bouteilles. Et ça satine dur à Gensac: 40 millions de bouteilles en 2006, de 40 à 50 millions de cols cette année. Pour le cognac, mais aussi le gin, la vodka, le rhum. En trois ans, SCD a investi plus d’un million d’euros pour le développement durable et le respect de l’environnement. «Sachant que cette problématique est également liée à la sécurité des employés», ajoute Michel Giraud. Pour satiner une bouteille, SCD utilise de nombreux produits chimiques. Puis les bouteilles sont trempées dans différents bains. «Dans les bains, il y a un mélange de différents produits, dont l’acide phosphorique, qui attaquent directement le verre», explique Michel Giraud.
«Le plus bel atelier de France»
Un ingénieur a été recruté pour réfléchir au process industriel. Faire évoluer les techniques en permanence. Les résultats sont spectaculaires. «Nous avons réduit notre consommation d’eau de 40 %. Les eaux sont en effet recyclées, et les plus propres réinjectées dans les bains. Le volume d’achat de matières premières a aussi été réduit. La récupération des eaux, la baisse des volumes de matières premières ont permis de baisser les coûts de recyclage. Tous les bains passent dans une centrale de traitement, afin d’être régénérés.
«Et lorsqu’ils sont trop usés, ils sont neutralisés avec des boues et recyclés en cimenterie. Nous ne rejetons donc plus de fumée», précise Michel Giraud. Cette démarche permet de valoriser 93 % des déchets. A la nuance près que lorsque l’on envoie des boues en cimenterie, on doit prendre à sa propre charge le transport et payer le cimentier pour qu’il daigne les récupérer ! Autre axe de développement respectueux, les économies d’énergie, pour le séchage des bouteilles notamment. Pour les gaz rejetés par les unités de dépolissage, SCD a également investi dans des laveurs. Si écologie rime avec économie, les deux concepts ne semarient pas parfaitement. C’est la limite de l’investissement. Michel Giraud le concède: «Tous les clients veulent travailler avec une entreprise exemplaire sur le plan environnemental, mais l’entreprise doit assumer seule l’investissement. On ne peut pas répercuter le coût d’investissement sur la facture du client.» Pas possible, non plus, de valoriser cette démarche avec un label. Il n’en existe pas. «Mais nous sommes aux normes et nous pouvons communiquer sur ces aspects. Il n’y a pas de label officiel, mais disons que c’est une reconnaissance», concède Michel Giraud. Mais sa fierté est ailleurs. Grâce à cette démarche, il est convaincu d’une chose: «A Gensac, nous avons l’un des ateliers les plus modernes d’Europe de ce secteur d’activité. Et ce qui est certain, c’est que c’est le plus beau de France.»
Ismaël KARROUM