Industrie

Leroy-Somer force 3 sur le marché éolien

Derrière les énergies douces, éolienne et hydro-électrique, il y a aussi des industriels. Le groupe angoumoisin Leroy-Somer fait la course en tête sur le marché éolien, et se développe encore
Leroy-Somer équipe plus de 5.000 éoliennes, dont une partie de la marque Vestas, le numéro un mondial (repro CL)

A cent vingt mètres de haut, les pales de l’éolienne s’emballent. Elles activent la génératrice, un monstre de près de neuf tonnes, en prise directe sur l’hélice. Grâce à elle, la force du vent produit instantanément de l’électricité. Cette génératrice d’une puissance de trois mégawatts est fabriquée par les usines Leroy-Somer, en l’occurrence l’unité d’Orléans. Dans la course à la puissance, le groupe angoumoisin est en tête. «Nous sommes pour l’heure les seuls à proposer un modèle de trois mégawatts», note, modestement, Xavier Trenchant, le patron de la division énergie. Modestement, car si l’éolien offre un formidable champ de développement, ce champ reste encore, pour partie, à défricher. Leroy-Somer s’était, dès les années quatre-vingt, engagé sur le terrain de l’éolien. Avec plus de souci que de satisfaction. Il s’en était retiré. «C’est encore aujourd’hui un marché assez neuf sur le plan technologique. Or, il y a une énorme demande. Il convient donc de trouver le bon équilibre entre la pression de la demande et la garantie d’une offre qualitative qui fait notre réputation», souligne Xavier Trenchant.

C’est dans cet esprit que depuis très exactement dix ans, Leroy-Somer – dont le PDG, Claude Henry, est un grand défenseur des énergies nouvelles – est revenu sur le créneau éolien. Avec succès. L’entreprise charentaise a d’abord produit des machines de 660 kW puis 1 mégawatt (MW), puis 2, puis 2,5 et maintenant 3 MW. Aujourd’hui, 5.000 génératrices Leroy- Somer équipent des éoliennes à travers le monde, «pour une puissance totale de 6.000MW, soit l’équivalent de deux centrales nucléaires comme Blaye et Civaux», note Jean- Michel Lerouge, chargé de la communication à Leroy-Somer. Les génératrices pour l’éolien, dans le volume général de la production de Leroy-Somer, sont juste un petit souffle: 25 millions d’euros de chiffre d’affaires, surun total qui se situe aux alentours de 750 millions. «C’est évidemment un marché sur lequel nous avons le devoir d’être présents. D’abord parce que les machines tournantes, c’est notre métier. Ensuite, parce qu’il va se développer par palier à l’échelle mondiale», poursuit Xavier Trenchant.

Fournisseur du numéro un mondial

Dans cette perspective, Leroy-Somer à plusieurs atouts dans son jeu. Il est l’un des fournisseurs principaux du numéro un mondial, le danois Vestas, dont les éoliennes tournent sur toute la planète. «Tous les modèles de 3 MW de Vestas sont équipés de nos génératrices. C’est actuellement le modèle le plus demandé», précise Xavier Trenchant. Enfin et surtout, Leroy-Somer est implanté en Chine et en Inde, les deux pays dont les taux de croissance à deux chiffres réclament tous les jours davantage d’énergie, y compris en énergies nouvelles. Et s’appuie dans le monde entier sur le réseau de son actionnaire, l’industriel américain Emerson. XavierTrenchant se refuse à tirer des plans sur la comète, tant sur l’emploi induit que sur le nombre de génératrices qui sortiront demain des ateliers de Leroy-Somer. Il a simplement la conviction que l’activité se développera – le recours à l’énergie éolienne dans le monde suit des courbes exponentielles – et qu’elle profitera à ceux qui s’imposeront comme des fabricants de référence. Leroy-Somer entend bien en être. Comme il l’est sur le marché des alternateurs. «Un alternateur sur trois dans le monde est un Leroy-Somer. L’énergie hydro-électrique, par exemple, a besoin d’alternateurs comme l’éolienne de génératrices. Cette autre énergie douce est aussi en pleine expansion. La progression est spectaculaire, de l’ordre de 25% à 30% l’an», souligne Jean- Michel Lerouge.

Ivan DRAPEAU



NOS PARTENAIRES