Transport

Les bus de la STGA roulent plus propre avec les biocarburants

Les véhicules de la Société de transport en commun du Grand-Angoulême ont introduit l’huile de colza dans leur réservoir depuis une quinzaine d’années
Patrick Renaud et Anne Burgevin devant l’un des derniers bus mis en services, conformes aux normes les plus exigeantes • Photo Romain Perrocheau

Le diester, ça fait quinze ans que la STGA a commencé à en mettre dans les réservoirs de ses bus. Le diester, c’est un mélange de gazole et d’huile végétale, le plus souvent du colza ou du tournesol.
Les 98 véhicules de la Société de transport du Grand-Angoulême consomment chaque année 1,8 million de litres de carburant, à raison de 40 litres aux 100 km en moyenne. L’impact sur l’environnement est donc sensible.
«En 1992, nous étions des pionniers, raconte Anne Burgevin, responsable de la communication de la STGA. Les constructeurs nous disaient qu’on était un peu fous, que ça ne tiendrait jamais. Mais ça a tenu.» Au début, il ne s’agissait que d’introduire 5 % d’huile végétale dans le diesel. Et puis les constructeurs ont fini par suivre. Désormais, la totalité des véhicules de la STGA roule au diester, et tous les bus sont passés à 30 % d’huile végétale.

1.340 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère

L’Ademe, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, a mené une étude précise sur la question. Avec 30 % de biocarburant, on compte 28 %deCO2 rejeté en moins. Si les véhicules de la STGA roulaient au gazole pur, ils rejetteraient 4.790 tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année. Avec l’utilisation du diester, ils n’en rejettent «que» 3.450, soit 1.340 tonnes de moins.
Le calcul est simple. L’un des autres avantages incontestables du diester est de diminuer la dépendance à l’égard des pays producteurs de pétrole. Les agriculteurs y voient aussi de nouveaux débouchés prometteurs. Un hectare de colza produit 1,37 tonne d’huile. Pour la consommation annuelle de la STGA, il faut donc cultiver 394 hectares.
François Pezzoli, ingénieur transport à l’Ademe, relativise pourtant: «On peut affirmer que le diester n’est pas une mesure de substitution exclusive. » Parce que, si la tendance devait se généraliser, il n’y aurait pas assez de surfaces agricoles disponibles pour faire face. Parce que d’autres voix se font entendre, qui estiment qu’il serait plus profitable pour le CO2 d’avoir des hectares de forêt que des hectares de culture de colza. Pour jouer sur d’autres leviers, la STGAne s’arrête pas là. Les normes en matière de rejets dans l’atmosphère ne cessent de se durcir. La dernière qui vient d’entrer en vigueur est la norme Euro 4, qui a notamment considérablement diminué les teneurs en monoxyde de carbone.

Des normes de plus en plus contraignantes

Pour atteindre les objectifs fixés, les derniers bus livrés viennent de se doter d’une technologie «adblue», qui neutralise les gaz polluants à l’aide d’un additif. Cet additif a une autre vertu, celle de faire légèrement baisser la consommation de carburant. Quant aux pots catalytiques, ils équipent progressivement tous les véhicules sur lesquels ils sont recommandés.
L’optimisation du service à l’usager fait elle aussi l’objet d’ajustements permanents. Avec pour premier objectif la bonne gestion de l’entreprise, et pour corollaire un effet positif sur le plan environnemental.
Pour éviter les lignes désertées à certains moments de la journée, qui font tourner des bus à vide, la STGA a mis au point un service de taxibus, qui fonctionne à la demande. Les minibus, qui consomment moins de carburant, sont privilégiés partout où ils sont suffisants, et les bus articulés, qui sont plus gourmands, sont réservés aux lignes où ils sont indispensables.
La technologie émergente, concernant notamment les véhicules électriques ou les véhicules hybrides ne semble pas suffisamment aboutie, ou performante, à Patrick Renaud, responsable d’atelier à la STGA. «On va attendre que ça fonctionne vraiment », sourit-il.

Laurence GUYON

La filière du recyclage

Depuis 2000, Patrick Renaud, le chef d’atelier de la STGA, a mis en place une filière du recyclage. Quand on entre dans l’atelier, on voit tout un tas de petites bennes, dûment fléchées, pour récupérer tous les matériaux: des piles aux bombes aérosols, en passant par le carton ou les chiffons sales, tout est trié, puis recyclé. Idem pour les pneumatiques et les huiles de vidange. L’eau, elle aussi, fait l’objet d’une attention particulière. «Le nettoyage extérieur se fait en fonction du degré de salissure, explique Patrick Renaud. En été, deux fois par semaine, ça peut suffire.» L’eau utilisée se charge en hydrocarbures, notamment. Un traitement a donc été mis au point pour rejeter de l’eau «propre».




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